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 (2016) tell me about your words. (natalia)

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MessageSujet: (2016) tell me about your words. (natalia)   Lun 10 Avr - 0:48

tell me about your words.
natalia & oana
poetry, beauty, romance, love.
these are what we stay alive for.

oana, elle regorge de mots, à l'intérieur d'elle, au creux de ses entrailles, de son corps, de son âme. ils dansent en elle, sur une musique funèbre, ils s'alignent, se quittent, reviennent les uns vers les autres, se forment, se déforment, cortèges de sens et d'illusions, finissant par s'effacer. pourtant, il en demeure toujours, virevoltant pareils à des papillons dans son crâne.
ses pas sur le macadam claquent, autant que ces mots rebelles martelant son esprit fiévreux. parfois, elle considère ce don comme une malédiction, parfois, elle ne voudrait jamais s'en séparer. les mots sont son seul remède contre la réalité.
dans sa tête, se déroule tout ce qui n'existe pas et ne sera jamais. toutes ces potentialités à explorer. tous ces mots désemplis de sens qui vagabondent dans son corps jusqu'à toucher son coeur, boum, ils ont assaillis sa raison, ses émotions. les mots la dominent parfois, comme si jamais elle n'avait été au contrôle.
l'a t-elle jamais été ?
alors, pour s'en débarrasser, elle doit les déposer sur du papier, partout, simplement ailleurs que sur le mur de ses pensées. elle doit s'en déposséder, se vider de ce mal. elle doit s'abreuver des mots des autres âmes souffrantes, comme elle. pour en oublier la sienne. et tout le reste.
en ce même instant, sous le soleil brûlant d'une réalité ignorée, elle les entend gémir en elle, ses mots bateaux voguant sur ces eaux tumultueuses. elle voudrait apaiser leur mal-être, elle voudrait les rendre bien plus beaux, souriants, aimants. mais, ses mots l'incarnent, ses mots sont elle, ses mots la représentent. parfois, elle tente d'imiter de nouvelles âmes entre les courbes de ses lettres, elle tente de se rendre capitaine du navire, capitaine de leurs coeurs essoufflés, mais elle n'y parvient jamais. elle a beau tenter de décrypter leur regard, elle n'y voit que du noir, elle n'y voit que son propre reflet. elle ne peut pas se fuir, elle ne peut pas s'absenter, oana est condamnée à demeurer à jamais dans son corps, prisonnière de cette cage d'os, de pensées noires et de maux fardeaux.
elle doit s'en délivrer.
elle doit se délivrer de toute cette obscurité, du poids du regard de cette ville, de ses malheurs, douleurs passés, elle doit se réincarner en une nouvelle poète. si elle change, elle, ses mots changeront également. ils se feront moins brutaux, moins fatals, moins bancals. ils seront rendus presque beaux.
comme ceux de cette auteur qu'elle admire, qu'elle convoitise. celle qui semble lui parler entre les pages de son livre, celui qu'elle a dévoré, celui qu'elle voudrait relire comme au premier jour, celui qui la hante encore, comme ses cicatrices et souvenirs la déchirent encore. elle se sent proche d'elle sans véritablement la connaître. au fond d'elle, oana a le sentiment qu'elle pourra la soigner, apaiser ses mots, les dompter, les rendre plus présentables. elle sera celle qui lui offrira une seconde chance.
comme une seconde vie.
combien de fois a rêvé oana de recommencer une nouvelle existence ?
la recommencer de zéro, devenir page vierge.
entre ses mains, cette feuille pliée. une proposition d'emploi dans la librairie, de cette artiste des mots.
pour la première fois depuis longtemps, oana a espoir.
elle entrevoit l'antre de ses rêves, inachevé. un peu comme elle, un peu comme son coeur fissuré, son corps déchiqueté, son âme transcendé.
elle a le sentiment que lorsque ce sanctuaire bien aimé sera achevé, elle sera en paix. elle sera complète. elle sera accomplie, de l'intérieur, là où rien n'a jamais été correctement rangé, correctement placé.
elle se répète, d'un ton imperceptible, ce mot qu'elle considère comme un porte bonheur, son totem, sans jamais réellement avoir jamais compris pourquoi.
constellation, constellation, constellation.
elle se sent apaisée lorsqu'elle l'entend, comme si elle devenait étoile, infinité, espace.
alors, d'un pas décidé, elle pousse la porte de la librairie, en un grincement strident.



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Natalia Lindberg
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MessageSujet: Re: (2016) tell me about your words. (natalia)   Mar 11 Avr - 21:17

« CHECK THAT, PARTNER. »

Ce fût plus fort qu’elle ; elle rajouta pléiade d’emojis à la fin de ce texto qui, après une longue seconde à le contempler les yeux brillants, elle envoya finalement à Tate. Elle posa son téléphone portable au creux de sa poitrine, près de son cœur battant la chamade, tandis qu’elle s’émerveillait de l’effet que ça lui faisait d’être en passe de réaliser un autre de ses projets – 2016 était son année, à en juger par le succès de la publication du journal de Pawel Bartowski, et par le parcours difficile qu’elle avait accompli en compagnie de son collaborateur. La légende de la photo qu’elle lui avait envoyée avait peu d’importance dans le fond, c’était le reflet luisant des lettres capitales engluées à la vitre de sa boutique qui comptait en vérité. Nous étions à la fin du mois de décembre 2016, et Natalia venait d’estampiller sa nouvelle propriété avec un soin tout particulier.

Les yeux plissés, la langue coincée entre les dents et rognant le rouge velours qui colorait ses lèvres, elle avait délicatement retiré le film transparent protégeant son trésor pour le coller sur la porte surmontée d’une clochette à l’extérieur de sa librairie. Même si à l’intérieur, la peinture n’était pas encore sèche, et que les étagères semblaient avoir froids, attendant patiemment d’être réchauffées par les reliures épaisses des livres commandés aux différents fournisseurs qui travailleraient avec la jeune femme, ça rendait les choses plus concrètes à ses yeux – comme si elle avait eu besoin d’une preuve écrite plus poétique et sentimentale qu’un contrat signé dans le bureau austère d’un promoteur immobilier. Quiconque passerait devant cette façade s’intéresserait à la police élégante choisie par la propriétaire, et s’arrêterait forcément sur son nom, et sur la touche vintage qui émanait des bordures patinées de la corniche s’étalant au-dessus de leur tête. Ils devraient attendre encore un peu avant d’entrer, car Nat avait encore maintes choses à régler avant l’ouverture officielle qu’elle avait prévu pour le mois de mars 2017, mais la convoitise était une bonne chose, lui avait assuré sa grand-mère. Elle prit une grande inspiration, non pour se donner du courage, plus pour refouler l’émotion qui s’empara d’elle et qu’elle refusa de laisser déborder pour le moment. Après s’être de nouveau félicitée, elle retrouva son repaire.

Elle passa la lourde porte, puis franchit l’épais rayon de soleil qui traversait la vite pour rapidement rejoindre l’emplacement où le comptoir des ventes serait bientôt installé. Pour l’heure, le tout manquait un peu de personnalité. Si ce n’était les teintes douces et volontairement vieillies recouvrant les murs, les nombreuses guirlandes de lumières éteintes, les citations dispatchées dans des coins stratégiques pour attirer la curiosité, et les contours des meubles antiques gracieusement offerts par Sara, rien n’avait encore l’allure de ce qui sommeillait dans l’imagination débordante de la jeune femme. Il manquait les livres et leur parfum ; les clients et leur appétit pour les mots et les histoires ; les chuchotements des enfants pour qui elle prévoyait des lectures hebdomadaires à l’étage qu’il fallait rejoindre par l’escalier en colimaçon trônant dans un coin de la pièce principale. Pourtant, elle se sentait bien ici. Peut-être parce que quand elle y était, elle retrouvait la sécurité qu’elle quêtait entre les lignes des journaux dans lesquels elle avait si longtemps écrit.

Le clochette de l’entrée tinta, obligeant Natalia à pivoter gracieusement sur ses pieds. Le plancher grinça sous ses talons compensés, et ce simple son, véritable musique à ses oreilles, suffit à élargir le sourire qu’elle adressa à la jeune femme qui était entrée.

« Je peux vous aider ? » Elle n’avait pas encore harponné le réflexe de refouler ceux qui se présentaient devant elle alors que la boutique n’était pas encore ouverte. Même lorsqu’elle travaillait comme extra dans la boutique d’antiquités de sa grand-mère, ou quand elle était assistante à la bibliothéque universitaire du Maine : refuser à quelqu’un l’accès de ce genre d’endroits, c’était le couper dans son élan. D’autant que les annonces d’emplois qu’elle dispersaient aux quatre coins de la ville – et sur la toile –  commençaient à attirer l’attention, elle n’avait aucune raison de jouer les videurs.

Posant le film transparent usagé sur une pile de déchets à recycler, et glissant son téléphone portable dans la poche de sa robe, son regard s’arrêta plus longuement sur son invitée. Elle se frotta les mains, et instinctivement, elle s’avança dans l’entrée de la librairie pour mieux l’accueillir.

« Vraiment désolée pour le désordre, on est encore en pleine installation. Vu l’état des lieux, j'imagine que c’est pas un scoop. » En effet, tout était si désordonné – elle lâcha un rire qui paraissait nerveux, mais qui traduisait plutôt une certaine forme d’excitation, alors que d’un geste vague de la main, elle engloba le décor. Ses lèvres s’étirèrent pour laisser entrevoir une rangée de dents blanches et droites, et elle reposa son regard sur la blondinette qui lui faisait face. Natalia lui tendit la main « Nat, la propriétaire. » Ça sonnait si présomptueux, pensa-t-elle avec un temps de retard. Ce n’était pas dans ses habitudes de manquer de modestie, sauf qu’aujourd’hui, elle ne s’en tenait pas rigueur ; c’était la première fois que quelqu’un qu’elle ne connaissait pas entrait dans sa librairie.
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